| Sujet : La Marquise |
| Posté le 13-04-2005 à 12:11:15
| Fantastique Marquise, sur laquelle George Sand va s'appuyer comme sur un contrepoint, un chemin que l'on emprunte pour l'oublier. Sainte Beuve, Balzac, Dostoïevski, admireront ce récit, cette oeuvre écrite par George Sand à trente et un ans, cette création d'un modèle, d'une tentation, d'une route qu'elle ne suivra pas, une simulation qui lui permet de se sauver de cette mort à elle-même que vit le personnage de la Marquise. Cela revient à exorciser le désespoir, en choisissant non seulement de vivre avec lui mais d'en faire un tremplin de l'action. A la concision classique, à la sécheresse, au tragique de la Marquise, George Sand va préférer la prolixité du verbe, au narcissisme exigeant de la Marquise qui n'aime que soi elle substituera la multiplicité des aventures sentimentales , charnelles et , au repliement sur soi, au masque de la soumission devant un monde désolé qui ne comprend rien à l'histoire du cœur, parce que les hommes traduisent l'amour en termes de besoin pour ne pas dire d'autre chose, et que les femmes désirent l'absolu notre auteur opposera la revendication du droit de douter , de revendiquer, de donner des ailes au désir d'une femme. George préfère ouvrir l'avenir par le scandale comme mouvement perpétuel: à la Marquise elle s'oppose pour se poser. Elle reprend la force d'âme de la Marquise, son amour obstiné de la vie pour les tourner contre l'hypocrisie de la société, pour mener ainsi un bon combat, jusqu'à sa mort en 1876. Un combat pour la liberté et donc pour l'humanité. Reste que la Marquise est fantastique parce qu'elle a pour fonction de dénoncer un asservissement d'autant plus fort qu'il prend le masque de la morale et du devoir: les femmes sont ainsi enterrées vivant dans une société qui les refuse comme désir et par là leur dénie la liberté et l'accès à l'absolu: cela revient à mépriser les femmes, à ne pas les respecter: à partir du moment où elles ne sont plus des fins en soi, elles sont considérées comme des choses, comme des moyens pour les hommes; pour elles, ni liberté, ni égalité mais le simple droit de se taire érigé en devoir. Par une imposture radicale de l'homme, la femme se voit assignée un poste à tenir: l'aliénation dans le silence, le droit de douter étant occulté par le devoir de fidélité à d'énormes normes sociales. Admirable George Sand qui tourne la force d'âme de la Marquise vers la Vie, qui ne cèdera jamais à l'espoir de la mort mais lui préfèrera toujours la violence de l'espérance dans la vie. C'est un extrait d'un demes livres sandiens : (La Marquise) Édition MILLE..ET.UNE.NUITS (dernières lignes, page 53). |
| | Posté le 13-04-2005 à 13:12:03
| Nous avons lu le même livre, parfait pour une discussion sur le romantisme sentimental et mystique, liens très étoits que cultivait sa force d'âme. Dans sa resplendissante humanité, comme nœud de relation, la romancière multiplia les influences au gré de son désir et de sa balance intérieure. Une Marquise si l'on veut, mais de l'espérance... Isabelle, j'ai retenu de George Sand un beau passage, un sentiment qui s'étreint lui-même, une pulsion du désir via les multiples aspects de son œuvre à la page page 139, de ton livre... Regarde ! " Si l' Absolu est un être de fuite, on se battra pour le désir en aimant le prochain d'un amour fou , au risque de ne plus aimer que l'amour " |
| | Posté le 15-04-2005 à 17:15:01
| Bonjour, Pour l'avoir lu, je vous garanti que ce livre peut suffire à enflammer toutes les passions. George Sand décrit des sensations fines et voluptueuses, du plaisir qu'elle donna en doux charme et plutôt échauffée à d'autres fois. C'est à vous faire plaisir que lire çà ! |
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